La rose trémière (alcea rosea) est une plante vivace, dont le nom serait une altération de Rose d’Outremer. Toutes ses parties sont comestibles et ses usages médicinaux sont reconnus depuis l’Antiquité.
Leur présence à Bruxelles fait naître un fort contraste : leur côté sauvage, désordonné, leurs grandes fleurs colorées viennent perturber l’ordre urbain et nous rappellent que nous sommes sur leur territoire.
Les trémières sont des résistantes colorées face à l’urbanisation croissante, pouvant atteindre trois mètres de haut. Elles apparaissent là où nos espaces s’effritent, profitant de nos bordures, de nos marges et de nos fissures pour se développer. Alcea rosea est mellifère (elle nourrit abeilles et bourdons) tissant une continuité du vivant rue après rue.
La résistance est une floraison.
Et la ville apprend malgré elle à faire place.
Ces photographies sont une invitation : ralentir, prêter attention, reconnaître des habitantes de plein droit.
Les roses trémières sont une métaphore de notre condition : persister, s’élever, cohabiter, trouver dans l’interstice la place d’un commun.
Martin Gallone
1990 / Provence, France
Photographie et Réalisateur
Vit et travaille à Bruxelles
Membre fondateur du collectif La Nombreuse et La Straussphère